Mercredi 17 décembre 2008
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Au Cargo, les tabourets
qu’occupaient Solange et Patrick sont vacants. À quelques pas de là, la jeune femme suit l’artiste et passe par la sortie de secours, émue comme je l’ai été moi-même, si
extraordinairement émue que, dans son cerveau, bon pour la vie, se forme un petit réseau – neurones, synapses – où se combinent les mots En cas
d’urgence seulement, leur dimension (dix centimètres environ), leur couleur (rouge vif), ainsi que les déclics retentissants, clic
et cloc, de la grosse porte d’acier.
En chemin, elle ne cesse de s’émouvoir. Elle passe par la cour, par
une nouvelle porte d’acier, puis dans la cage d’escalier où il fait si sombre. Ensuite, elle passe par la porte en bois sculptée et colorée (orange, blanche et bleue), qui enchâsse
la plaque en bronze : « Ateliers de sculpture ». Enfin, elle traverse la grande salle encombrée de zibouibouis. Lorsqu’elle arrive chez Patrick, elle n’est plus tout à fait
la même.
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Par Julia Fontesse
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Publié dans : Sixième Lecture
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Dimanche 14 décembre 2008
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Plus anecdotique à propos de l’atelier personnel de Patrick, je me
souviens du passage d’un homme accompagné de sa fille adolescente. Lui, il portait un complet beige et parlait du buste de Dali en terme de commande. Elle, elle avait une voix argentine, rafraîchissante, colorée, et elle a affirmé vigoureusement :
— J’aime bien les maisons comme celle-ci qui ne sont pas finies
!
L’homme a ri, puis s’est adressé à un autre adulte pour prolonger son
plaisir. Il a répété mot pour mot la phrase et imité sa musicalité. "J'aime bien les maisons comme celle-ci qui ne sont pas finies!" Ensuite, rien. La fille regardait ses pieds.
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Par Julia Fontesse
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Publié dans : Sixième Lecture
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Mercredi 10 décembre 2008
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Je continue de me souvenir en regardant par la fenêtre de ma chambre d’hôtel. Je
me croirais au nid (voir 3. La première lecture (le début) ). J’aurais zoomé
sur le fleuve et réussi à faire le focus — la mise au point — sur le canon. J’expérimente l’ivresse du biologiste ayant surpris un
microorganisme exceptionnel.
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Par Julia Fontesse
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Publié dans : Sixième Lecture
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La Présence est une sculpture gigantesque. Elle représente six enfants grandeur nature, en bronze, grimpés sur de gros blocs faits d’un matériau composite
blanc (du plastique dur, extrêmement résistant). Les enfants atteignent le premier et le deuxième étage de l’immeuble voisin, un immeuble ancestral que des entrepreneurs guindés ont retapé. Ces
enfants sont déterminés, bien déterminés à déplacer cet immeuble ou à le voir s’effondrer. Ils poussent de toutes leurs forces avec leurs petites mains de bronze contre la pierre
grise.
Par Julia Fontesse
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Publié dans : cadeaux
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Dimanche 30 novembre 2008
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Patrick Sonar fréquente le Cargo parce qu’il habite au premier étage de l’ex-hangar numéro trois, la bâtisse voisine. Il a besoin d’espace. Solange se tait et, comme je l’ai fait
moi-même dans les mêmes circonstances, elle s’imagine survolant les installations portuaires d’autrefois (les bâtisses voisines). Elles sont désaffectées, déglinguées, menaçantes, sur le
point d’être entièrement retapées, sinon démolies. Que se passe-t-il donc entre Solange avec Patrick ? Rien. Du flou. Des particules en suspension se multiplient.
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Par Julia Fontesse
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Publié dans : Cinquième Lecture
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